Fiche de renseignement

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PROSTATECTOMIE RADICALE

Indication

Cancer de la prostate localisé ou localement avancé

Technique

L’intervention se déroule sous anesthésie générale

L’intervention se fait par coelioscopie mini invasive. 4 petites incisions (<1cm) sont effectuées sur la paroi abdominale pour la mise en place des trocarts et l’introduction des instruments.

Avantages :

  • Moins de douleurs
  • Moins de saignement
  • Réduit la consommation d’antalgique en post opératoire
  • Réduit la durée de la convalescence

La prostate est retirée en totalité, ainsi que les vésicules séminales. La continuité entre la vessie et l’urètre est rétablie par une suture sous couvert d’une sonde urinaire

Un curage ganglionnaire, c’est à dire l’ablation des ganglions drainant la lymphe de la prostate, peut être associé à la prostatectomie afin de rechercher une dissémination microscopique du cancer qui pourrait modifier la stratégie du traitement.

Durée

Intervention : entre 1h 30 et 3 h

Durée de séjours : la majorité de nos patients sortent au deuxième jour post opératoire.

Durée de sondage post opératoire : nos patients sortent à domicile avec une sonde urinaire qu'ils gardent environs 7 jours. Elle est retirée par une infirmière à domicile avant une visite de contrôle

Durée convalescence avant reprise activité normale : 1 mois

Conséquenses et complication éventuelles

Absence d’éjaculation définitive systématique

Incontinence urinaire : nos résultats sont très bons, avec une majorité des patients continents d emblée et une minorité avec des fuites modérées et transitoires (quelques semaines)

Dysfonction érectile : selon votre cas une préservation des nerfs érecteurs pourra être réalisée

Douleur : Elle est modérée, nos anesthésistes pratiquent une rachi anesthésie (piqure dans le dos) avant l'intervention qui permet d'éviter la prise de morphine post opératoire et un réveil précoce de la douleur

Suites habituelles

Sortie au domicile après 2 jours d’hospitalisation

Retrait de la sonde urinaire 7 jours après l’intervention + consultation de suivi précoce

Consultation de suivi à 6 semaines :

  • Annonce des résultats anatomopathologiques
  • Gestion des conséquences de l’intervention
  • Planification de la surveillance

LE CANCER DE LA PROSTATE

L'organe : la prostate

La prostate est une glande masculine qui fait partie du système reproducteur masculin. Elle est située dans le petit bassin, juste sous la vessie et devant le rectum. Elle a la forme et la taille d’une châtaigne, et pèse 20 à 25 grammes. Elle est directement accessible à l’examen clinique par le toucher rectal.

Facteur de risque

-Age : exceptionnel avant 45 ans et sa fréquence augmente avec l’âge

-Facteur génétique (5 à 10 % des cas de cancer)

-Régime alimentaire : consommation excessive de graisses animales

-Facteur environnementaux : polluants chimiques comme les pesticides, le cadmium, les hydrocarbures polycycliques aromatiques pourraient ainsi être impliqués, mais ces données demandent encore à être confirmées.

Epidémiologie

65 000 nouveaux cas de cancer prostatique chaque année : Cancer le plus fréquent

8000 décès par an

Dépistage

Le toucher rectal

Permet de repérer une grosseur suspecte ou une anomalie de consistance ou de texture de la prostate. Le toucher rectal seul ne permet donc pas de confirmer la présence d’une anomalie cancéreuse.

Le dosage du PSA

Réalisé parallèlement au toucher rectal, consiste à mesurer la concentration sanguine d’une protéine synthétisée par la prostate (l’antigène spécifique de la prostate) qui est normalement présente dans le sang. Son taux est généralement élevé en cas de cancer. Cependant, une inflammation, une infection urinaire peuvent également entraîner son augmentation. Le dosage de cette protéine ne suffit donc pas non plus à dépister un cancer de la prostate.

Symptômes

Dans la plupart des cas, le cancer de la prostate est une tumeur qui évolue lentement. Pendant de nombreuses années, il entraîne peu ou pas de manifestations cliniques

À un stade plus avancé, des troubles urinaires apparaissent : difficultés à uriner, fréquence exagérée des envies d’uriner avec émission d’un faible volume, rétention des urines pouvant entraîner une infection… Ces symptômes sont dus à la compression de l’urètre par la tumeur au sein de la glande prostatique.

Bien plus rarement, la tumeur peut progresser vers l’arrière et comprimer le côlon, provoquant également des perturbations digestives : constipation, faux besoins d’aller à la selle.

Enfin, l’atteinte des ganglions lymphatiques situés à proximité de la prostate peut engendrer une sensation de gêne ou des douleurs.

À un stade très évolué, des métastases peuvent apparaître, majoritairement au niveau des os. Elles entraînent des douleurs, des compressions de la moelle épinière et peuvent provoquer des fractures par augmentation de la fragilité osseuse. Plus rarement, ces métastases se développent au niveau des ganglions, des poumons ou du foie.

Aujourd’hui, le diagnostic est souvent porté à un stade précoce où les douleurs et autres symptômes sont absents et les perspectives de guérison sont bonnes. Par ailleurs, des symptômes liés à un adénome prostatique concomitant, mais sans lien avec la présence d’un cancer, peuvent se manifester. C’est la raison pour laquelle des examens doivent être conduits.

Diagnostic

La biopsie prostatique

Il s’agit de l’examen complémentaire de référence. Elle consiste à introduire une fine aiguille dans la prostate, via le rectum, afin de prélever une douzaine de fragments prostatiques à différents endroits de la glande. Ces échantillons sont ensuite analysés par microscopie afin de rechercher la présence de cellules cancéreuse

Examens complémentaires

L’imagerie par résonnance magnétique (IRM)

L’IRM est une technique d’investigation qui permet d’obtenir, grâce à l’utilisation d’un champ magnétique, des coupes anatomiques de la prostate dans les trois plans de l’espace. Seules les régions de la prostate et du pelvis sont généralement examinées. Dans certains cas, une sonde peut être introduite dans le rectum du patient afin de pratiquer une IRM dite endorectale. Elle permet d’obtenir des images plus précises du contour de la prostate afin de déceler une extension extra prostatique du cancer. L’IRM est parfois utilisée pour rechercher des métastases osseuses dans tout l’organisme lorsque le cancer apparaît très avancé.

La tomodensitométrie ou scanner

La tomodensitométrie, ou scanner à rayons X, est un examen radiologique qui permet d’obtenir des coupes très fines de la prostate et des organes voisins sous forme d’images numériques. Elle permet de déterminer l’extension de la tumeur aux ganglions pelviens et abdominaux.

La scintigraphie osseuse

Lorsque le risque d’évolution du cancer de la prostate est important, une scintigraphie osseuse est réalisée pour rechercher des métastases osseuses, c’est-à-dire la présence de cellules tumorales ayant migré de la prostate vers l’os.

Les stades de la maladies

Le score de Gleason obtenu par la biopsie et les examens d’imagerie permet, in fine, de préciser l’avancée de la maladie. On distingue globalement cinq groupes de tumeurs :

  • Les tumeurs localisées à faible risque : ce sont des tumeurs peu agressives (score de Gleason≤6) touchant un seul lobe prostatique, de très petites tailles et associées à un taux de PSA faible (<10 ng/ml) ;
  • Les tumeurs localisées à risque intermédiaire : ce sont des tumeurs moyennement agressives (score de Gleason≤7) ou restant localisées à un seul lobe, ou encore associées à un taux de PSA moyen (10-20 ng/ml) ;
  • Les tumeurs localisées à haut risque : il s’agit de tumeurs agressives (score de Gleason>7) ou étendues à plusieurs lobes prostatiques, ou encore associées à un taux de PSA élevé (>20 ng/ml) ;
  • Les cancers localement avancés : il s’agit des tumeurs ayant franchi la capsule prostatique ou les organes adjacents ;
  • Les cancers ayant atteints les ganglions lymphatiques et les cancers métastatiques.

Cette classification permet d’orienter le patient vers la prise en charge la plus adaptée à sa maladie.

Traitements

Surveillance active : en cas de tumeur jugé peu significative, un protocole de surveillance avec examen clinique, dosage du PSA et biopsie régulière pourra vous être proposé

Prostatectomie radicale: il s'agit de l'ablation chirurgicale de la prostate et des vésicules séminales

Radiothérapie externe : La radiothérapie est un traitement qui utilise des rayons de forte énergie : focalisés sur la tumeur, ils permettent de détruire les cellules cancéreuses.

Curiethérapie : La curiethérapie est une méthode de radiothérapie par laquelle les rayonnements sont délivrés localement grâce à l’implantation de grains d’iode radioactifs au niveau du tissu prostatique, à travers le périnée.

Hormonothérapie : entraine une castration chimique par réduction du taux de testostérone qui stimule le développement des cellules cancéreuses. Il est souvent associé à la radiothérapie

Chimiothérapie : La chimiothérapie est le traitement de référence des cancers de la prostate métastatiques, devenus résistants à l’hormonothérapie.

Traitement ultrasonique (FOCAL ONE) : est une méthode de destruction plus ou moins ciblé des lésions tumorales. Ce traitement est souvent réserve aux récidives ou en cas de tumeur peu évolué.

Pronostique

Le cancer de la prostate se soigne et dans la plupart de cas évolue lentement.

Ne soyez pas pressé de vous faire traiter, prenez le temps d’accepter la maladie et de vous préparer au traitement adéquat.

Son pronostic varie selon le stade TNM.

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